Surmenage & Fatigue : pourquoi est-il urgent de lever le pied
RALENTIR LA CADENCE QUAND TOUT NOUS POUSSE À ACCÉLÉRER
L’été fut chaud, bouillant même ! Alors que le printemps annonçait déjà une vague de chaleur en soumettant à cette épreuve tôt dans l’année nos corps et la nature, les mois de juillet d’août 2026 furent presque un supplice.
Le soleil s’est emballé, ses rayons nous ont frappés de plein fouet sans retenue.
Notre corps, notre esprit ne sont en rien coutumiers d’une telle ferveur. Vivre dans un environnement chaud nous demande beaucoup : changer nos habitudes partout où que nous soyons – à la maison, au travail, dans notre organisme. Nous avons dû nous adapter à une nouvelle pression. Ce que le corps fait à chaque instant, chaque seconde, à chaque pas, à chaque changement d’environnement, de saison.
Le corps sait comment faire. L’esprit en revanche est plus rétif ! Il aime ses petites habitudes, ne pas être dérangé inutilement. Il a pris ses marques et pour lui c’est acquis. Pourtant, malgré les réticences, il s’adapte comme il peut. Pas toujours facile, surtout quand l’esprit refuse, ça bloque.
Le corps est stoppé dans son élan. Il doit fournir deux fois plus d’énergie pour essayer de convaincre l’esprit. Et ça le fatigue ! Ça vous fatigue. Rien que de savoir qu’il va falloir tout changer, son mode vie, ses réflexions, ses dispositions. Bref, on a pas envie !
CET ÉTÉ, DEUX CHANGEMENTS ONT DÛ S’OPÉRER SANS CONCESSION
L’hydratation du corps
Il a fallu boire plus qu’à l’accoutumée, au risque sinon de se dérégler durablement. Nous avons bu pour la plupart d’entre nous, comme nous devrions le faire tous les jours, qu’il fasse chaud ou non. Point positif, le corps a pu enfin étancher sa soif !
Quels bienfaits pour notre santé ?
Actuellement, près de 4 français sur 5 ne s’hydratent pas correctement (étude Ifop de juin 2025). Pour autant l’eau joue un rôle déterminant, si ce n’est pas un des principaux dans l’organisme.
C’est grâce à elle :
- que l’on peut réguler notre température interne, par la transpiration (les glandes sudoripares puisent l’eau de notre peau qui s’évapore),
- que nos organes vitaux sont alimentés comme les reins, le cerveau, le cœur (entre 70 et 80%),
Elle constitue :
- notre sang,
- notre lymphe,
- nos muscles,
- et même nos os.
Elle permet :
- les échanges et réactions chimiques,
- la régénération des cellules,
- le transport des nutriments,
- et l’élimination des déchets.
Mais cette eau prélevée dans le réservoir commun peut faire défaut si elle n’est pas renouvelée. Lorsque le taux de masse hydrique passe sous le seuil de tolérance (moins de 3 à 5%), le cerveau envoie l’information au corps en activant la sensation de soif. On peut l’ignorer un certain temps, ou passer outre en absorbant d’autres boissons pauvres en eau, qui ne feront que contenter le cerveau en lui indiquant qu’un fluide vient approvisionner l’organisme. C’est un leurre !
Que se passe-t-il la plupart du temps ?
Nous négligeons notre corps et ses éléments vitaux sous prétexte de ne pas avoir le temps ! Car s’hydrater suffisamment demande une toute autre organisation : préparer sa gourde ou sa théière de tisane (il n’y a que l’eau qui hydrate, donc les boissons préparées hydratantes ne comprennent que la tisane, les autres n’étant pas assimilables de la même façon), ne pas oublier de l’emmener, et prendre quelques minutes pour boire à petites gorgées tout au long de la journée.
Mais a-t-on le temps de le faire ? Sûrement pas ! C’est la course, dès le réveil jusqu’au couché. Et pourtant...
… S’en passer revient à se priver d’un élément capital qui nous tient en vie, autant que l’oxygène nous permet de respirer. Ne pas boire suffisamment, c’est ne plus respirer correctement.
AUTRE CHANGEMENT QUE VOUS AVEZ DÛ PRENDRE EN COMPTE CET ÉTÉ : VOUS ARRÊTER
Face à la chaleur, le corps réagit immédiatement en transpirant pour maintenir une température de 37°C. Cette réaction métabolique concentre toute notre énergie à stabiliser nos fonctions vitales.
Oui mais, il y a un mais ; qu’il fasse 20° ou 44°, la vie continue. Il faut toujours faire les courses, travailler, faire ses tâches quotidienne, de 8h à 20h.
Nous sollicitons notre corps au-delà de ses capacités en dispersant notre énergie dans notre corps lorsque nous sortons à 14h en plein soleil, ou en continuant nos activités extra-professionnelles même lorsque nous n’avons pas de contraintes.
Nous demandons à notre corps de fournir le double, voire le triple d’énergie pour assouvir nos besoins non essentiels.
Pourquoi ? Pourquoi ne pas s’arrêter quand le corps le demande si c’est possible ?
Prendre son temps, est-ce envisageable aujourd’hui ?
Nous vivons sans jamais prendre le temps de nous poser réellement. De rêver, de contempler tout simplement, d’être oisif.
Aujourd’hui notre société nous demande d’être performant et disponible 24/24, 7/7. Si vous ne travaillez pas, si vous n’êtes pas à vos tâches ménagères ou familiales, vous restez tout de même disponible devant un écran, rien que sur les réseaux sociaux. Votre cerveau ne s’arrête jamais, il écoute, lit, regarde, traduit, s’emballe et surchauffe. Déjà qu’il doit gérer la régulation corporelle, vous lui imposez d’être présent et au garde à vous.
Quand la possibilité de s’arrêter s’offre à vous, vous la refusez en culpabilisant.
«Non, quand même, qu’est-ce que vont dire les gens si je m’arrête... »
Pourtant votre corps vous le réclame, il vous crie qu'il a besoin de se reposer.
Mais, si vous l’écoutez, allez-vous rester à la hauteur, continuer de suivre le cours frénétique de la vie sociale ?
À l’heure actuelle, s’arrêter c’est mal ! Ça fait négligeant.
Sauf que... Vous avez aussi la possibilité de traduire cette phrase différemment, vous pouvez aussi bien lire : Continuer, c’est négliger son corps.
Qu’est-ce qu’un organisme ?
C’est l’ORGANISATION de nos fonctions naturelles et vitales. Est-ce que négliger son organisme, reviendrait à dire : désorganiser son corps ?
C’est une simple réflexion qui nous ramène à ce qui nous constitue pour évoluer dans le vivant.
Alors pourquoi aller à l’encontre de ses fonctions naturelles et vitales est mal ?
J’ai pour principe d’adopter toujours plusieurs points de vue avant de répondre à une question. Mon raisonnement pourrait paraître réducteur, simpliste. Je ne crois pas.
Il est simple, c’est sûr. Mais retrouver la simplicité amène à se comprendre quand on est désorganisé. Agir simplement est efficace, plus que de se perdre dans la production et/ou la performance quand elle n’est pas nécessaire.
Je ne dis pas qu’il ne faut jamais être performant, bien au contraire. Il est des situations qui l’imposent, notamment pour notre survie. Mais elles ont une durée, avec à la suite une pause récupératrice de l’énergie fournie à ce moment précis. Comme les ressources naturelles terrestres, nos ressources ne sont pas inépuisables, elles sont disponibles en quantité limitée.
QUE FAIT-ON LE PROCHAIN WE ?
On s’arrête, on se repose, on prend le temps de dire stop, je récupère.
Et on en profite pour s’émerveiller, pour contempler ce et ceux qui nous entoure.nt, pour notre plus grand bonheur.
Prenez le temps pour cette rentrée de vous organiser à nouveau.
Prenez le temps après n’importe quelle performance, après votre travail, vos courses, que sais-je, de vous réorganiser. Après tout, la Terre continuera de tourner;)
Et votre corps vous sera reconnaissant.
Pour aller plus loin, vous pouvez écouter l'émission : Ralentir, une question de survie
France Culture, Le Magasine du weekend, dimanche 16 août 2026
